Arnaque Booking : pourquoi Bruxelles ouvre une enquête
Réserver un appartement qui n’existe pas, découvrir l’arnaque sur le trottoir, valise à la main : le scénario n’a rien d’une fiction pour de nombreux voyageurs. Mercredi 21 octobre 2026, la Commission européenne a ouvert une procédure formelle contre Booking.com. Elle veut vérifier si la plateforme néerlandaise, filiale du groupe américain Booking Holdings, protège réellement ses clients contre les annonces frauduleuses et les escroqueries par hameçonnage.
C’est la première procédure de l’Union européenne visant Booking au titre du règlement sur les services numériques, le Digital Services Act (DSA). Selon Toute l’Europe et Le Figaro, c’est aussi la deuxième enquête de Bruxelles sur les arnaques en ligne dans le cadre de ce texte, après celle ouverte en avril 2024 contre Meta, toujours en cours.
Les trois volets de l’enquête sur les arnaques Booking
La Commission a détaillé trois axes d’examen. Ils portent à la fois sur la sécurité des voyageurs et sur la transparence des résultats de recherche.
| Volet | Ce que Bruxelles vérifie |
|---|---|
| Annonces frauduleuses | Si Booking a identifié et réduit les risques liés aux fausses inscriptions (logements inexistants), à l’usurpation d’identité et aux hébergements non conformes |
| Hameçonnage | Si le partage des données de réservation et d’invité avec les hébergeurs, ainsi que la messagerie de la plateforme, sont assez protégés contre le détournement de ces données |
| Annonces « boostées » | Si les annonces mises en avant contre une commission plus élevée sont clairement identifiables comme de la publicité |
Pour le premier volet, la Commission cite en exemple les propriétés inexistantes, la fraude à l’usurpation d’identité et les offres d’hébergement non conformes, dont les photos ou le descriptif ne correspondent pas à la réalité. Pour le deuxième, elle s’intéresse à la façon dont des escrocs exploitent les données de réservation pour solliciter de faux paiements auprès des clients.
Les Européens doivent pouvoir réserver leurs vacances sans craindre d’être arnaqués.
— Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne, dans un communiqué
Hameçonnage et logements fantômes : un phénomène documenté
L’enquête ne sort pas de nulle part. Une responsable de la Commission a indiqué que « de nombreuses plaintes ont été déposées, notamment par des associations de consommateurs et des organisations d’hôteliers ». La procédure fait aussi suite à une enquête préliminaire, nourrie par les rapports d’évaluation des risques de Booking et par deux demandes formelles d’informations, envoyées le 23 septembre 2025 et le 26 mai 2026.
Sur le terrain, les cas se multiplient. Fin septembre, Le Parisien a rapporté que des centaines de touristes s’étaient retrouvés devant des logements parisiens qui n’existaient pas, le quotidien ayant repéré une vingtaine d’annonces frauduleuses en un mois et demi. Ces fausses annonces s’appuient parfois sur des comptes d’hébergeurs piratés, récupérés par hameçonnage, et héritent ainsi des avis laissés par les clients du vrai logement. Vérifier les commentaires ne suffit donc plus à se protéger.
Quel risque pour Booking : amende et engagements
L’ouverture d’une procédure formelle ne préjuge pas du résultat. Bruxelles va poursuivre l’enquête en priorité, par des demandes d’informations supplémentaires, des entretiens ou des inspections. Elle peut aussi prendre des mesures provisoires, rendre une décision de non-conformité ou accepter des engagements proposés par Booking pour corriger les problèmes soulevés.
En cas d’infraction avérée aux articles 34 et 35 (évaluation et atténuation des risques systémiques) ou à l’article 26 (identification des publicités), Booking s’expose à une amende. Le DSA en fixe le plafond à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial. Booking a répondu à l’AFP qu’elle « coopère pleinement avec la Commission européenne » et reste déterminée à lutter contre la cybercriminalité. Avant l’enquête, la plateforme affirmait avoir neutralisé 26 000 tentatives d’arnaques en 2025 et renforcé ses contrôles grâce à l’intelligence artificielle.
Que faire en attendant : les réflexes du voyageur
La procédure prendra du temps. En attendant, les spécialistes de la sécurité numérique rappellent quelques gestes simples :
- Vérifier l’adresse du logement sur une carte en ligne : certaines victimes se sont retrouvées devant un commerce ou un immeuble sans location de courte durée.
- Ne jamais payer hors de la plateforme ni cliquer sur un lien reçu par messagerie ou par e-mail sans en vérifier l’origine.
- Se méfier des photos trop parfaites ou d’équipements qui ne correspondent pas au type de logement annoncé.
Le 21 octobre 2026, la Commission européenne a ouvert une procédure formelle contre Booking.com au titre du DSA, sur trois points : annonces frauduleuses, hameçonnage et publicité non identifiée. Aucune infraction n’est encore constatée : Bruxelles va enquêter, et Booking peut proposer des engagements. L’amende maximale prévue par le DSA atteint 6 % du chiffre d’affaires mondial. Les voyageurs doivent vérifier l’adresse des logements et ne payer que via la plateforme.
Questions fréquentes sur l’enquête européenne contre Booking
Pourquoi la Commission européenne enquête-t-elle sur Booking ?
Elle veut déterminer si Booking.com a évalué avec diligence et atténué efficacement les risques liés aux annonces frauduleuses et aux escroqueries par hameçonnage, et si elle respecte la transparence sur les annonces payantes. L’enquête s’appuie notamment sur des plaintes d’associations de consommateurs et d’hôteliers.
Booking risque-t-il une amende ?
Oui, en cas d’infraction avérée. Le DSA prévoit des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial. Booking peut toutefois se défendre et proposer des engagements pour répondre aux griefs de la Commission.
Qu’est-ce qu’une annonce « boostée » sur Booking ?
Il s’agit d’une annonce que l’hébergeur rend plus visible dans les résultats de recherche en payant une commission plus élevée. La Commission estime que les utilisateurs doivent pouvoir reconnaître clairement qu’il s’agit d’une publicité.
Comment éviter une arnaque sur Booking en attendant ?
Vérifiez l’adresse du logement sur une carte, méfiez-vous des photos trop parfaites, ne payez jamais en dehors de la plateforme et ne cliquez pas sur les liens suspects reçus par message ou par e-mail.






