Absentéisme au travail : les salariés du privé absents près de 5 % du temps, la faute à des arrêts toujours plus longs

Un salarié sur trois s'arrête au moins une fois dans l'année, une proportion stable. Ce qui change, c'est la durée des absences, qui s'allonge et se concentre sur une petite minorité. Au moment où l'État serre la vis sur les arrêts maladie.

Bureau vide dans un open space, symbole de l'absentéisme au travail
Sommaire
  1. Absentéisme : 4,95 % dans le privé en 2025
  2. Des arrêts plus longs, très concentrés
  3. Cadres, femmes, seniors : qui est absent ?
  4. Troubles musculosquelettiques et santé mentale en tête
  5. Le gouvernement s’attaque au coût des arrêts

 

Absentéisme : 4,95 % dans le privé en 2025

Le salarié du secteur privé français a été absent en moyenne 4,95 % du temps prévu par son contrat de travail en 2025. C’est le principal enseignement du baromètre annuel de WTW, société de courtage en assurance, dévoilé le 6 octobre 2026 par Le Figaro. L’étude repose sur les déclarations sociales nominatives de 3 100 entreprises, soit 427 800 salariés en équivalent temps plein, suivies sur six ans.

Le taux d’absentéisme progresse pour la deuxième année consécutive, sans toutefois retrouver le record de 2022, à 5,34 %. Pour WTW, un « nouveau standard » s’est installé depuis la crise sanitaire : un salarié sur trois (34 %) s’absente au moins une fois dans l’année, une proportion stable, tandis que la fréquence des arrêts (1,74 par salarié absent) progresse légèrement mais régulièrement depuis 2021.

Indicateur WTW Valeur
Taux d’absentéisme dans le privé (2025) 4,95 %
Record (2022) 5,34 %
Salariés absents au moins une fois dans l’année 34 %
Durée moyenne d’absence (2025) 38 jours
Part de l’absentéisme due aux arrêts de plus de 90 jours 61 %

Source : baromètre absentéisme WTW 2026, via Le Figaro et BFM Business.

Des arrêts plus longs, très concentrés

La hausse ne vient pas d’une multiplication des absents, mais de l’allongement des arrêts. La durée moyenne d’absence atteint 38 jours en 2025, deux de plus qu’en 2023. Et le phénomène est très concentré : 11 % des salariés absents, soit 4 % de l’ensemble des salariés, cumulent chacun plus de 90 jours d’absence dans l’année. À eux seuls, ils représentent 61 % de l’absentéisme total, contre 58 % en 2023.

À l’autre bout du spectre, 41 % des absents ne s’arrêtent qu’entre un et sept jours dans l’année. Ces absences courtes pèsent peu dans le volume global, mais WTW souligne leur effet réel sur l’organisation des équipes, qui doivent se réorganiser au pied levé.

Cadres, femmes, seniors : qui est absent ?

Les moyennes masquent de fortes disparités. L’âge reste le premier facteur : le taux d’absentéisme est de 2,6 % chez les moins de 20 ans et de 3,5 % chez les 20-30 ans, mais grimpe à 6 % chez les 50-60 ans et à 7,4 % au-delà de 60 ans. Les jeunes s’arrêtent plus souvent, mais moins longtemps. Leur taux progresse toutefois : 4,14 % chez les moins de 40 ans en 2025, en hausse de 10 % entre 2023 et 2025.

Le secteur d’activité joue aussi : 3,2 % dans la finance et l’assurance, contre 7,1 % dans la santé et l’action sociale. Les non-cadres restent nettement plus absents que les cadres, mais ces derniers sont la population qui progresse le plus : +17 % entre 2023 et 2025. Ils sont même la seule catégorie dont le taux de 2025 dépasse ceux de 2020 et 2022. WTW y voit le signe des difficultés de la fonction managériale dans un monde du travail en transformation rapide.

Les femmes sont plus exposées : 37 % d’entre elles ont été absentes au moins une fois en 2025, contre 30 % des hommes, avec un pic entre 30 et 40 ans. L’étude l’explique notamment par la répartition encore très sexuée des métiers, qui expose à des contraintes physiques et émotionnelles différentes.

Dans le secteur public, l’absentéisme se situe à un niveau comparable, autour de 5 % en 2024 selon Le Figaro. La fonction publique d’État (4 %) y est moins touchée que les fonctions publiques territoriale et hospitalière.

Troubles musculosquelettiques et santé mentale en tête

Les causes des arrêts interrogent les conditions de travail : 40 % des arrêts sont liés à des troubles musculosquelettiques et un sur trois à la santé mentale, selon Le Figaro. La prévention, souvent évoquée mais rarement mise en œuvre, reste le principal levier pour les entreprises.

Le baromètre insiste sur des besoins psychologiques fondamentaux : disposer d’une autonomie suffisante, se sentir efficace et appartenir à un collectif où l’on se sent soutenu et reconnu. Y répondre constitue, selon WTW, un levier essentiel pour prévenir le désengagement et l’absentéisme.

Cette hausse résulte principalement de l’allongement de la durée moyenne d’absence.

Baromètre absentéisme WTW 2026

Le gouvernement s’attaque au coût des arrêts

Faute d’agir efficacement sur les causes, l’État cherche à réduire le coût des arrêts pour l’Assurance maladie, qui verse aux salariés des indemnités journalières. Depuis le 1er septembre 2026, un premier arrêt de travail ne peut plus être prescrit pour plus d’un mois, et une prolongation pour plus de deux mois, sauf exception justifiée par l’état de santé du patient.

À partir du 15 octobre 2026, la durée maximale d’indemnisation sera ramenée de trois ans à un an pour certains arrêts longs. Les personnes en affection de longue durée exonérante conservent le plafond de trois ans. Un décret doit aussi sanctionner les abus manifestes sur les arrêts courts, lorsqu’un patient consulte plusieurs médecins pour multiplier les certificats.

Le gouvernement envisage enfin, dans le cadre des prochains textes budgétaires, d’aligner la fiscalité des arrêts de travail sur celle des revenus du travail, notamment pour les indemnités aujourd’hui exonérées des patients en affection de longue durée. La mesure reste à ce stade un projet, qui devra passer l’examen parlementaire.

L’essentiel à retenir

L’absentéisme dans le privé atteint 4,95 % en 2025 selon WTW, en hausse pour la deuxième année, sous le record de 2022 (5,34 %). La hausse tient à des arrêts plus longs (38 jours en moyenne) : 4 % des salariés concentrent 61 % des absences. Les cadres (+17 % en deux ans) sont la population qui progresse le plus. Côté pouvoirs publics, la durée d’indemnisation de certains arrêts longs passe de trois ans à un an dès le 15 octobre 2026.

 

FAQ

Quel est le taux d’absentéisme en France en 2025 ?

Selon le baromètre WTW, le taux d’absentéisme dans le secteur privé atteint 4,95 % en 2025 : un salarié est absent en moyenne près de 5 % du temps prévu par son contrat.

L’absentéisme a-t-il battu un record ?

Non. Il progresse pour la deuxième année consécutive mais reste sous le record de 2022, à 5,34 %.

Qui est le plus absent au travail ?

Les seniors (7,4 % au-delà de 60 ans), les non-cadres, les femmes et les salariés de la santé et de l’action sociale (7,1 %). Les cadres restent moins absents mais leur taux a bondi de 17 % entre 2023 et 2025.

Qu’est-ce qui change pour les arrêts de travail ?

Depuis le 1er septembre 2026, un premier arrêt est limité à un mois et une prolongation à deux mois. À partir du 15 octobre 2026, l’indemnisation de certains arrêts longs est ramenée de trois ans à un an.