Stellantis à Sochaux, Rennes, Mulhouse et Poissy : quatre usines à l’arrêt en octobre, les batteries en cause

Quatre usines françaises de Stellantis vont suspendre leur production en octobre. À Sochaux et à Rennes, la cause n'est pas un carnet de commandes vide mais l'inverse : les voitures électriques à grande autonomie se vendent plus vite que leurs batteries n'arrivent.

Ligne d'assemblage automobile à l'arrêt, carrosseries de SUV électriques immobilisées

Quatre usines françaises de Stellantis vont suspendre leur production en octobre. À Sochaux et à Rennes, la cause n’est pas un carnet de commandes vide mais l’inverse : les voitures électriques à grande autonomie se vendent plus vite que leurs batteries n’arrivent.

Stellantis à Sochaux et Rennes : des usines freinées par le succès de l’électrique

La direction du constructeur a informé les représentants du personnel, mardi 29 septembre, d’une série d’arrêts de cinq à quinze jours dans ses sites de Sochaux, Rennes, Mulhouse et Poissy. Pour deux d’entre eux, la logique est inhabituelle. L’usine historique de Peugeot à Sochaux, dans le Doubs, qui assemble les SUV 3008 et 5008, fermera du 23 au 30 octobre. Celle de Rennes, où sort la Citroën C5 Aircross, s’arrêtera du 22 au 30 octobre.

Dans les deux cas, Stellantis invoque « une disponibilité insuffisante de certaines batteries destinées aux versions long range » de ses véhicules électriques. Le groupe précise que la demande pour ces versions à grande autonomie « reste supérieure aux capacités actuelles d’approvisionnement », en particulier de la part des clients professionnels. La flambée des prix du carburant a dopé les commandes de modèles à batterie, et les fournisseurs peinent à suivre la cadence.

Mulhouse et Poissy : fin de cycle et gestion des stocks

À Mulhouse, dans le Haut-Rhin, l’interruption sera la plus longue : du 15 au 30 octobre. Le site fabrique les Peugeot 308 et 408, deux modèles en fin de vie qui ne peuvent pas recevoir les batteries à grande autonomie. Selon la CFTC, citée par Les Échos, la nouvelle 308 se vend moins bien que prévu. Les équipes passeront de deux à une équipe et demie dès novembre. L’avenir du site n’est pas remis en cause : Mulhouse doit recevoir 400 millions d’euros, sur le milliard d’investissements en France annoncé en juin, pour assembler trois nouveaux modèles compacts à partir de 2029.

À Poissy, dans les Yvelines, l’arrêt court du 19 au 23 octobre « pour adapter la production à la demande du marché dans une logique de gestion fine des stocks ». Le groupe y a annoncé en avril la fin de l’assemblage de véhicules d’ici à 2028.

Usine Modèles produits Arrêt annoncé Motif invoqué
Sochaux (Doubs) Peugeot 3008 et 5008 23 au 30 octobre Pénurie de batteries longue autonomie
Rennes (Ille-et-Vilaine) Citroën C5 Aircross 22 au 30 octobre Pénurie de batteries longue autonomie
Mulhouse (Haut-Rhin) Peugeot 308 et 408 15 au 30 octobre Baisse de la demande, modèles en fin de cycle
Poissy (Yvelines) Véhicules en fin de production 19 au 23 octobre Gestion des stocks, puis travaux sur le site

« Si nous produisons moins de voitures, gardons tout le monde, y compris les intérimaires, baissons les cadences et profitons-en pour améliorer les conditions de travail et former les salariés à Mulhouse »

— Communiqué de la CGT Stellantis Mulhouse, cité par Le Figaro

ACC, le fournisseur de batteries qui ne suit pas le rythme

Le maillon faible se trouve à Douvrin, dans le Pas-de-Calais. C’est là qu’ACC, la coentreprise de Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, produit les cellules des versions à grande autonomie des 3008, 5008 et C5 Aircross. Trois ans après son inauguration, la gigafactory n’a pas atteint la trajectoire prévue. Fin 2025, son directeur général de l’époque, Yann Vincent, reconnaissait auprès des Échos que la production n’était qu’« à la moitié » de l’objectif fixé en début d’année.

ACC conteste toute défaillance : son niveau de production pour le seul mois de septembre serait « proche de celui de toute l’année dernière », selon un porte-parole. Stellantis se contente d’expliquer qu’il ajuste « temporairement » son programme industriel pour tenir compte de la disponibilité des composants.

Chômage partiel : le pouvoir d’achat des salariés en première ligne

Les syndicats réagissent différemment selon les sites. À Rennes, la CFDT s’inquiète de « l’impact financier de l’activité partielle », qui s’ajoute à la hausse des carburants pour les salariés, un cocktail que le délégué Laurent Valy juge potentiellement « explosif ». À Mulhouse, la CGT réclame une baisse des cadences plutôt qu’une fermeture. L’an dernier à la même période, Stellantis avait déjà eu recours au chômage partiel dans six usines européennes. Le groupe, qui a récemment engagé un milliard d’euros à Hordain pour ses futurs utilitaires, doit désormais prouver que sa chaîne d’approvisionnement peut suivre le rebond de l’électrique.

L’essentiel à retenir

Stellantis arrête quatre usines françaises de cinq à quinze jours en octobre : Sochaux (23-30), Rennes (22-30), Mulhouse (15-30) et Poissy (19-23). À Sochaux et Rennes, la cause est une pénurie de batteries longue autonomie fournies par ACC, dont la gigafactory de Douvrin n’a pas atteint la cadence prévue. Mulhouse et Poissy s’arrêtent, eux, pour cause de demande insuffisante sur des modèles en fin de cycle. Les syndicats redoutent l’effet de l’activité partielle sur le pouvoir d’achat, et Mulhouse passera à une équipe et demie dès novembre.