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Un revêtement anticorrosion défaillant à l’avant du fuselage
Airbus a confirmé jeudi 24 septembre avoir découvert un « écart » dans la protection de surface des lisses situées dans la partie inférieure avant du fuselage de certains A321neo. Les lisses sont des profilés qui courent sur toute la longueur de l’avion et rigidifient sa peau. Le primaire et le revêtement qui les recouvrent doivent les protéger de la corrosion pendant toute la durée de vie de l’appareil.
L’anomalie a été repérée lors de retouches de routine sur la chaîne de production, puis révélée par le média spécialisé The Air Current. Elle est susceptible de réduire la résistance à la corrosion de ces pièces, sans que de la corrosion ait été constatée à ce stade sur les avions concernés. L’avionneur assure avoir identifié et circonscrit l’origine du problème et disposer d’une solution corrective, qui n’exige pas de démonter les lisses. Tous les éléments revêtus depuis sont conformes, selon lui.
L’origine du défaut se situe dans la chaîne d’approvisionnement. Airbus a indiqué à The Air Current qu’il provenait d’un fournisseur de second rang, sans le nommer. Citant deux sources industrielles, l’agence Reuters évoque un sous-traitant de l’italien Leonardo, l’un des fournisseurs d’aérostructures de l’A321neo, qui n’a pas souhaité commenter.
Airbus A321 : environ 500 appareils, dont la moitié déjà en service
Airbus n’a publié ni liste de numéros de série ni décompte officiel. Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, environ 500 Airbus A321neo seraient touchés : quelque 250 déjà livrés et en service, et 250 à différents stades de production en Europe, aux États-Unis et en Chine. The Air Current avance pour sa part un chiffre supérieur à 500. La version long-courrier A321XLR ne serait pas concernée.
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| A321neo potentiellement concernés | environ 500 (plus de 500 selon The Air Current) |
| Dont avions déjà en service | environ 250 |
| Dont avions en production | environ 250 |
| Livraisons Airbus fin août 2026 | 475 avions commerciaux |
| Objectif de livraisons 2026 | environ 870 avions |
| Cadence famille A320 | environ 60 par mois, cible de 70 à 75 fin 2027 |
Pour les compagnies, aucune immobilisation n’est demandée. Airbus a fait savoir à ses clients qu’aucune réparation immédiate n’était nécessaire, et les livraisons se poursuivent. Les avions qui ne seront pas corrigés avant leur remise aux clients devront en revanche faire l’objet d’inspections et de retouches en service au cours des prochaines années. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) pourrait encore publier une consigne de navigabilité imposant ces travaux dans un délai donné ; aucune ne figurait à sa liste vendredi.
« Il s’agit d’un problème de qualité, pas d’un problème de sécurité. »
— Airbus, communiqué transmis à la presse spécialisée (traduction)
Un mauvais timing pour la montée en cadence
Le défaut tombe au moment où l’A321neo porte l’essentiel de la croissance d’Airbus. Fin juin, les A321 représentaient environ les trois quarts du carnet de commandes de la famille A320, le best-seller monocouloir du groupe. L’avionneur tente de faire passer la production de cette famille d’environ 60 appareils par mois à 70 à 75 d’ici à la fin de 2027.
Airbus maintient pour l’instant son objectif d’environ 870 livraisons en 2026, formulé lors de ses résultats semestriels du 29 juillet et détaillé dans notre article sur les livraisons d’Airbus au premier semestre. Avec 475 avions remis à fin août, contre 434 un an plus tôt, il lui reste environ 395 appareils à livrer sur les quatre derniers mois de l’année. Les reprises à effectuer sur les avions encore en usine pourraient alourdir la charge des chaînes, et The Air Current estime que le dossier pèsera sur les livraisons à moyen terme.
Les marchés ont réagi avec mesure : l’action Airbus a reculé d’un peu plus de 1 % vendredi matin à Paris. Un analyste de Jefferies, cité par Reuters, relevait que les données de suivi montraient huit livraisons depuis le début de la semaine, signe que le rythme n’était pas sensiblement affecté à ce stade.
La qualité des fournisseurs, talon d’Achille de l’avionneur
C’est la deuxième fois en moins d’un an qu’un problème de qualité frappe le cœur de la production d’Airbus. En décembre 2025, des écarts d’épaisseur sur des panneaux de fuselage livrés par un fournisseur espagnol avaient conduit le groupe à abaisser son objectif de livraisons 2025 d’environ 820 à environ 790 appareils. L’AESA avait publié une consigne définitive le 13 mars 2026, imposant l’inspection de ces panneaux sur une partie des A319neo, A320neo et A321neo.
L’été 2026 a aussi été marqué par des difficultés sur l’A330neo : des inspections liées à l’empennage horizontal ont bloqué les livraisons de ce long-courrier, avec aucun exemplaire remis en juin et en juillet et un seul en août. Ces incidents successifs rappellent que la montée en cadence dépend autant de la solidité de centaines de sous-traitants que des usines d’Airbus. Face à un concurrent chinois qui avance, à l’image du Comac C919, l’avionneur européen ne peut guère se permettre de retards à répétition.
Airbus a identifié un défaut de protection anticorrosion sur des lisses du fuselage avant de l’A321neo, qui toucherait environ 500 avions, dont la moitié déjà en service. Le groupe parle d’un problème de qualité sans risque pour la sécurité : les avions continuent de voler et une retouche sans démontage existe. L’enjeu est industriel : Airbus maintient son objectif d’environ 870 livraisons en 2026, mais les reprises pourraient peser sur ses cadences à moyen terme.
Questions fréquentes
Quel est le défaut identifié sur l’Airbus A321neo ?
Airbus a découvert une anomalie dans la protection anticorrosion de lisses, des profilés longitudinaux situés dans la partie inférieure avant du fuselage. Ce défaut peut réduire la résistance de ces pièces à la corrosion. Il a été révélé le 24 septembre 2026.
Les Airbus A321 concernés peuvent-ils continuer à voler ?
Oui. Airbus présente l’anomalie comme un problème de qualité et non de sécurité : les appareils peuvent poursuivre leurs opérations et aucune réparation immédiate n’est exigée des compagnies à ce stade.
Combien d’avions sont touchés ?
Selon des sources citées par Reuters, environ 500 A321neo, dont environ 250 déjà en service et 250 en production. The Air Current évoque plus de 500 appareils. L’A321XLR ne serait pas concerné.
Ce défaut remet-il en cause les livraisons d’Airbus en 2026 ?
Airbus maintient son objectif d’environ 870 livraisons en 2026, après 475 avions livrés à fin août. Les reprises sur les avions en production pourraient toutefois peser sur les livraisons à moyen terme.






