Swift fait entrer la blockchain dans l’infrastructure bancaire existante
Après avoir acheminé pendant plus de cinquante ans les instructions de paiement entre les banques du monde entier, Swift veut désormais connecter leurs monnaies numériques. Le réseau coopératif basé à Bruxelles, utilisé par plus de 11 500 institutions financières dans plus de 200 pays, a annoncé le 9 juillet 2026 que son registre partagé reposant sur la blockchain était prêt pour une première utilisation en conditions réelles.
L’ambition n’est pas de faire table rase des systèmes actuels. Le registre se veut une couche d’orchestration pour les dépôts tokenisés émis par chaque banque et conservés sur ses propres livres de comptes. Concrètement, il rend la blockchain interopérable avec les rails bancaires traditionnels, sans obliger les établissements à renoncer à leurs procédures de conformité, de crédit ou de contrôle des risques.
Dix-sept banques de six continents pour un premier pilote
Dix-sept grandes banques réparties sur six continents préparent les premiers pilotes de paiements transfrontaliers. On y retrouve plusieurs poids lourds européens — BNP Paribas, HSBC, Lloyds Bank, Standard Chartered et l’helvétique UBS — aux côtés d’acteurs américains, asiatiques, moyen-orientaux et africains.
| Région | Banques participant au pilote |
|---|---|
| Europe | BNP Paribas, HSBC, Lloyds Bank, Standard Chartered, UBS |
| Amérique du Nord | BNY, Citi, Wells Fargo |
| Amérique latine | Itaú Unibanco |
| Asie-Pacifique | ANZ, DBS, MUFG Bank, OCBC, UOB |
| Moyen-Orient | First Abu Dhabi Bank (FAB), Mashreq |
| Afrique | FirstRand Bank |
Cette phase marque le passage du prototype à l’expérimentation grandeur nature. Swift avait dévoilé son projet il y a une dizaine de mois, en testant un registre expérimental avec plus de trente institutions financières dans le monde. Les dépôts tokenisés ont été retenus pour ces premiers tests parce qu’ils représentent une forme numérique régulée de monnaie de banque commerciale.
« Nous considérons l’interopérabilité comme le levier clé pour déployer les dépôts tokenisés au-delà des institutions individuelles. »
— Andreas Kubli, directeur des actifs numériques du groupe, UBS
Des dépôts tokenisés disponibles 24 heures sur 24
L’argument central de Swift tient en un mot : la disponibilité permanente. Le registre permet de déplacer des fonds pour les clients 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avant que le règlement définitif ne soit finalisé via les systèmes existants de chaque banque. Un atout dans un commerce mondialisé où les fuseaux horaires et les week-ends figent aujourd’hui une partie des flux transfrontaliers.
Swift met aussi en avant la vitesse d’exécution. Selon la coopérative, 75 % des paiements transitant par son réseau atteignent la banque bénéficiaire en moins de dix minutes, souvent en quelques secondes — un rythme qu’elle entend encore améliorer pour tenir les objectifs fixés par le G20 pour les transactions internationales.
« Avec notre nouvelle capacité de registre, nous étendons la confiance et la stabilité de la finance établie aux frontières de la monnaie numérique », a résumé Thierry Chilosi, directeur commercial de Swift, en évoquant des perspectives futures autour de la « monnaie programmable » et du « commerce agentique ».
Ce que le registre blockchain de Swift change pour les paiements transfrontaliers
Jusqu’ici, les initiatives autour de la monnaie numérique restaient fragmentées : pilotes isolés, réseaux privés, systèmes propres à chaque banque. En proposant une couche partagée, Swift entend éviter cette dispersion et préserver les processus de conformité et de règlement propres à chaque juridiction. Plutôt que de demander aux banques d’abandonner leurs rails, le réseau positionne la blockchain comme une brique interopérable qui fonctionne à côté d’eux.
Le positionnement n’est pas neutre. Face aux stablecoins et aux réseaux de paiement décentralisés qui promettent des transferts internationaux instantanés, l’infrastructure historique du secteur bancaire cherche à défendre son terrain en s’appropriant les outils de ses concurrents, tout en conservant l’atout de la régulation. Reste à confirmer, lors des pilotes, que la promesse tient à grande échelle.
Swift a lancé le 9 juillet 2026 son registre partagé reposant sur la blockchain, avec 17 banques de six continents — dont BNP Paribas, HSBC et UBS. Objectif : des paiements transfrontaliers en dépôts tokenisés disponibles 24/7, sans remplacer les systèmes de règlement existants. La coopérative revendique déjà 75 % de paiements reçus en moins de dix minutes. Prochaine étape : les premiers pilotes en conditions réelles avant un élargissement du réseau.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le registre blockchain de Swift ?
C’est une couche partagée reposant sur la blockchain qui permet aux banques de faire circuler des dépôts tokenisés — une forme numérique et régulée de monnaie de banque commerciale — pour des paiements transfrontaliers disponibles 24 heures sur 24, avant règlement final via leurs systèmes habituels.
Quelles banques participent au premier pilote ?
Dix-sept banques de six continents : ANZ, BNP Paribas, BNY, Citi, DBS, First Abu Dhabi Bank, FirstRand Bank, HSBC, Itaú Unibanco, Lloyds Bank, Mashreq, MUFG Bank, OCBC, Standard Chartered, UBS, UOB et Wells Fargo.
Les dépôts tokenisés vont-ils remplacer les systèmes de règlement actuels ?
Non. Swift présente son registre comme une couche d’orchestration interopérable qui fonctionne à côté des infrastructures existantes. Le règlement définitif continue de s’effectuer via les systèmes propres à chaque banque.






