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L’annonce grecque : une interdiction pour les moins de 15 ans
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé, mercredi 8 avril, l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans, effective à partir de janvier 2027. La mesure cible explicitement les grandes plateformes — TikTok, Instagram, Snapchat, YouTube — dont le modèle économique repose, selon lui, sur la captation de l’attention des jeunes utilisateurs.
Dans une vidéo publiée ironiquement sur TikTok lui-même, le Premier ministre a justifié ce choix par les signaux d’alerte remontés du terrain : « De nombreux jeunes me disent qu’ils se sentent épuisés par les comparaisons, les commentaires, la pression d’être toujours en ligne. » Il a évoqué des parents dont les enfants « ne dorment plus bien, sont anxieux et constamment sur leur téléphone ».
La restriction est qualifiée de « difficile mais nécessaire ». L’objectif n’est pas d’éloigner les jeunes de la technologie, a précisé Mitsotakis, mais de mettre fin à un business model fondé sur la dépendance : « Le design addictif de certaines applications, et un modèle économique basé sur la captation de votre attention — sur la durée pendant laquelle vous restez devant un écran — vous prive de votre innocence et de votre liberté. »
La Grèce pousse pour un cadre européen
Au-delà de la législation nationale, Mitsotakis a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour réclamer un cadre commun à l’échelle de l’Union européenne. Ses propositions incluent :
- Une vérification d’âge obligatoire pour les moins de 15 ans sur toutes les plateformes
- Une interdiction paneuropéenne pour cette tranche d’âge
- Une re-vérification de l’âge des utilisateurs tous les six mois
Cet appel à l’action européenne s’appuie sur un levier déjà existant : le Digital Services Act (DSA), entré en vigueur en 2024, impose aux très grandes plateformes des obligations renforcées de protection des mineurs. Mais son application reste insuffisante aux yeux de nombreux gouvernements européens, qui préfèrent légiférer directement au niveau national.
Carte de l’Europe : qui fait quoi
La Grèce n’est pas un cas isolé. Plusieurs États membres de l’UE ont déjà adopté ou envisagent des restrictions similaires :
| Pays | Mesure | Statut |
|---|---|---|
| France | Interdiction pour les moins de 15 ans | Adoptée |
| Espagne | Restriction pour les mineurs | En cours de déploiement |
| Autriche | Mesures de protection des mineurs | Adoptée |
| Grèce | Interdiction pour les moins de 15 ans | Effective janvier 2027 |
| Royaume-Uni | Consultation sur une interdiction pour les moins de 16 ans | En consultation |
| Irlande | Mesures de restriction | En cours d’examen |
| Danemark | Mesures de restriction | En cours d’examen |
| Australie | Interdiction pour les moins de 16 ans | Adoptée (pionnière mondiale) |
L’Australie a été le premier pays à franchir le pas en décembre 2025, en exigeant que TikTok, YouTube, Snapchat et d’autres plateformes suppriment les comptes des moins de 16 ans, sous peine de lourdes amendes. Cette décision a déclenché un effet domino en Europe.
Les plateformes résistent, les procédures s’accumulent
Les géants du numérique s’opposent collectivement à ces mesures. Leur argument principal : les interdictions générales seraient inefficaces, difficiles à appliquer et risqueraient d’isoler les adolescents les plus vulnérables. Reddit a d’ores et déjà décidé de contester la loi australienne devant les tribunaux.
Pourtant, la pression juridique s’intensifie. En mars 2026, Meta et YouTube ont été déclarés responsables, lors d’un procès historique aux États-Unis, des dommages causés à une femme dont l’addiction aux réseaux sociaux avait débuté dans l’enfance. Les jurés ont conclu que Meta — maison mère d’Instagram, Facebook et WhatsApp — et Google, propriétaire de YouTube, avaient intentionnellement conçu des plateformes créant de la dépendance. Cette décision alimente directement le mouvement réglementaire européen.
Pour les plateformes, l’enjeu économique est considérable. La tranche des 13-17 ans représente une part clé de leur base d’utilisateurs futurs et un levier d’acquisition durable. TikTok, déjà sous pression en Europe pour ses pratiques de stockage des données — comme l’illustre son investissement d’un milliard d’euros dans un deuxième data center en Finlande —, affronte désormais un front réglementaire supplémentaire.
— Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre de Grèce, 8 avril 2026
Questions fréquentes
La Grèce a annoncé le 8 avril 2026 l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, effective en janvier 2027. Kyriakos Mitsotakis appelle l’UE à un cadre commun incluant une vérification d’âge obligatoire. L’Australie, la France, l’Espagne et l’Autriche ont déjà adopté des mesures similaires. Meta et YouTube ont été jugés responsables aux États-Unis en mars 2026 pour les dommages causés à une utilisatrice mineure.
Quand l’interdiction grecque des réseaux sociaux pour les mineurs entrera-t-elle en vigueur ?
La mesure annoncée par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis entrera en application en janvier 2027. Les modalités techniques de vérification d’âge seront précisées dans les semaines à venir.
Quels réseaux sociaux sont concernés par les interdictions européennes ?
Les mesures ciblent principalement TikTok, Instagram (Meta), Facebook (Meta), Snapchat et YouTube (Google). Ces plateformes représentent l’essentiel du temps d’écran des adolescents européens.
Est-ce que le Digital Services Act de l’UE ne suffit pas à protéger les mineurs ?
Le DSA impose aux grandes plateformes des obligations de protection des mineurs, mais plusieurs gouvernements européens estiment que ces règles sont insuffisamment contraignantes. La Grèce pousse pour un cadre additionnel plus strict, avec une interdiction directe et une vérification d’âge obligatoire.
Comment les plateformes réagissent-elles à ces interdictions ?
Meta, Google, TikTok et Snapchat s’opposent aux interdictions générales, qu’ils jugent inefficaces et difficiles à appliquer. Reddit a intenté un recours judiciaire contre la loi australienne. Ces entreprises préfèrent des mesures de contrôle parental volontaires plutôt que des interdictions légales.



