Prix de l’électricité en Europe : de 8 à 41 centimes le kilowattheure selon la capitale

Entre Kyiv et Bruxelles, le kilowattheure d’électricité des ménages passe de 8,4 à 41,3 centimes. Avec un gaz de gros à son plus haut en près de quatre ans et des stockages au plus bas, l’hiver s’annonce coûteux.

Façade en briques d'une maison européenne avec compteurs de gaz et d'électricité au crépuscule
Sommaire
  1. Prix de l’électricité en Europe : de 8 à 41 centimes le kilowattheure
  2. Pouvoir d’achat : le classement se redessine
  3. Gaz des ménages : Stockholm et Amsterdam loin devant
  4. Depuis la guerre en Iran : des hausses très inégales
  5. Gaz de gros à 87 euros : l’hiver s’annonce sous tension

 

Prix de l’électricité en Europe : de 8 à 41 centimes le kilowattheure

À l’approche de l’hiver, les ménages européens ne paient pas du tout la même facture. D’après l’indice des prix de l’énergie des ménages (HEPI), élaboré par Energie-Control Austria, MEKH et VaasaETT et repris par Euronews Business, le prix de l’électricité résidentielle, taxes comprises, allait début septembre 2026 de 8,4 centimes d’euro par kilowattheure à Kyiv à 41,3 centimes à Bruxelles. La moyenne des capitales de l’Union européenne s’établit à 27,2 centimes.

Derrière Bruxelles, le haut du classement réunit Berlin (39,6), Dublin (38,7), Berne (38,6) et Londres (38,3), puis Rome (36,6), Vienne (34,4) et Prague (34,3). À l’inverse, Budapest (10,3), Podgorica (11,3), Belgrade (11,6) et La Valette (12,3) se placent derrière Kyiv. Madrid (28,3) et Paris (28,1) restent plus bas que leurs grandes voisines, tout en dépassant la moyenne européenne.

Pouvoir d’achat : le classement se redessine

Comparer des centimes ne suffit pas : un kilowattheure ne pèse pas pareil à Bucarest et à Oslo. Une fois les prix ajustés des standards de pouvoir d’achat (PPS), le tableau change nettement. Bucarest devient la capitale la plus chère avec un indice de 55,1, tandis qu’Oslo apparaît comme la moins chère, à 11,5.

Une fois le pouvoir d’achat pris en compte, Bucarest devient la capitale où l’électricité coûte le plus cher, et Berne perd vingt places.

Parmi les capitales des cinq premières économies du continent, Rome (38,2) est la plus chère en PPS, et Paris (25,8) la moins chère. Berlin (35,5), Madrid (31,6) et Londres (30,9) se situent au-dessus de la moyenne de l’Union, fixée à 29,6. Bucarest et Varsovie gagnent chacune dix places par rapport au classement en euros, quand Berne en perd vingt et Copenhague treize.

Gaz des ménages : Stockholm et Amsterdam loin devant

Le gaz naturel suit une tout autre logique. Les prix pour les ménages, taxes comprises, vont de 1,5 c€/kWh à Kyiv à 34,8 c€/kWh à Stockholm, exception nordique qui domine le classement. Amsterdam arrive loin derrière, à 21,2 c€/kWh.

Capitale Gaz (c€/kWh) Électricité (c€/kWh)
Paris 15,7 28,1
Rome 15,2 36,6
Berlin 12,5 39,6
Londres 10,3 38,3
Madrid 10,1 28,3

Parmi les cinq grandes économies, Paris est la plus chère pour le gaz résidentiel, devant Rome, tandis que Madrid et Londres sont les moins chères. Certaines villes cumulent des profils contrastés : Stockholm et Amsterdam combinent électricité abordable et gaz coûteux, alors que Bucarest, Bruxelles et Londres affichent l’inverse, avec une électricité chère mais un gaz relativement bon marché. La comparaison porte sur le prix par unité d’énergie, pas sur le montant des factures, qui dépend de la consommation de chaque foyer.

Depuis la guerre en Iran : des hausses très inégales

Entre le 2 février et le 1er septembre 2026, les prix du gaz résidentiel ont augmenté en moyenne de 12 % dans les capitales de l’Union, ceux de l’électricité de 4,2 %. Les hausses du gaz dépassent 20 % dans plusieurs villes : Tallinn (+59,2 %), Bruxelles (+37,9 %), Athènes (+33,1 %), Berne (+30,2 %), Londres (+28,2 %), Riga (+23 %), Vienne (+22,8 %), Paris (+22,5 %) et Berlin (+22 %).

Côté électricité, Luxembourg enregistre la baisse la plus marquée (-15,3 %), devant Tallinn (-7,9 %) et Helsinki (-7,1 %). Les carburants ont, eux, réagi plus vite : dans l’Union, le diesel a gagné 35 % et l’essence 23 % entre le 23 février et le 5 octobre 2026, selon le bulletin pétrolier hebdomadaire de la Commission européenne. Cette dynamique prolonge celle décrite dans notre analyse de l’inflation en zone euro, tirée par l’énergie.

Gaz de gros à 87 euros : l’hiver s’annonce sous tension

Les chiffres de septembre ne reflètent peut-être pas encore la dernière flambée des prix de gros. Mi-octobre, le contrat à terme néerlandais TTF, référence européenne, a atteint 87,20 € le mégawattheure, son plus haut niveau depuis près de quatre ans, contre environ 32 € à la veille de la guerre en Iran. Le conflit perturbe le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième du gaz naturel liquéfié mondial.

Les contrats à prix fixe et les aides publiques peuvent retarder ou atténuer la hausse des factures, mais pas indéfiniment : un gaz plus cher renchérit aussi l’électricité produite dans les centrales à gaz. Surtout, l’Europe entame l’hiver avec moins de marge : le 3 octobre, les stockages de l’Union n’étaient remplis qu’à 72,4 %, leur plus bas niveau à cette période depuis le début des relevés en 2011, selon l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA).

L’essentiel à retenir

L’électricité des ménages va de 8,4 à 41,3 c€/kWh selon la capitale, Bruxelles étant la plus chère. Le gaz a progressé de 12 % en moyenne depuis février, mais le TTF à 87,20 €/MWh et des stockages à 72,4 % laissent craindre de nouvelles hausses cet hiver.

 

Questions fréquentes

Quel est le prix de l’électricité le plus élevé en Europe ?

Selon l’indice HEPI de début septembre 2026, c’est Bruxelles, avec 41,3 centimes d’euro par kilowattheure, taxes comprises. Berlin (39,6), Dublin (38,7) et Berne (38,6) suivent.

Où l’électricité est-elle la moins chère en Europe ?

Hors Ukraine, Budapest affiche le tarif le plus bas des capitales étudiées, à 10,3 c€/kWh, devant Podgorica (11,3) et Belgrade (11,6). Kyiv est à 8,4 c€/kWh.

Les prix de l’énergie des ménages vont-ils encore augmenter cet hiver ?

Les chiffres de septembre ne reflètent peut-être pas encore la dernière flambée du gaz de gros : les contrats à prix fixe et les aides publiques retardent la hausse des factures. Avec des stockages de gaz à 72,4 % le 3 octobre, le risque reste élevé.

Pourquoi les prix du gaz ont-ils flambé en Europe ?

Le conflit en Iran perturbe le trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du gaz naturel liquéfié mondial. Le contrat TTF néerlandais a atteint 87,20 € le mégawattheure, contre environ 32 € avant la guerre.