LVMH T1 2026 : léger rebond organique malgré le recul de la Mode, Joaillerie et Sephora en tête

Le géant mondial du luxe LVMH publie ses ventes du premier trimestre 2026 dans un contexte inédit : l'effet ciseau des devises et le choc géopolitique au Moyen-Orient pèsent sur les données publiées, mais en données comparables, le groupe affiche une croissance organique de 1 %, confirmant sa reprise progressive. Joaillerie et Sephora tirent la performance ; Mode & Maroquinerie marque le pas.

Boutique de luxe LVMH avec conseillère et cliente

Le géant mondial du luxe LVMH publie ses ventes du premier trimestre 2026 dans un contexte inédit : l’effet ciseau des devises et le choc géopolitique au Moyen-Orient pèsent sur les données publiées, mais en données comparables, le groupe affiche une croissance organique de 1 %, confirmant sa reprise progressive entamée à l’été 2025. Joaillerie et Sephora tirent la performance ; Mode & Maroquinerie marque le pas.

Un chiffre d’affaires sous l’effet ciseau des devises

Sur l’ensemble du premier trimestre 2026, LVMH a réalisé un chiffre d’affaires de 19,1 milliards d’euros, en recul de 6 % par rapport au T1 2025 (20,3 milliards d’euros) en données publiées. Ce recul s’explique intégralement par l’effet de change, négatif de 7 points — principalement lié à la dépréciation du dollar américain et de plusieurs devises asiatiques face à l’euro.

En données comparables (à taux de change et périmètre constants), la croissance ressort à +1 %. LVMH enchaîne ainsi un troisième trimestre consécutif à +1 % en organique, confirmant une reprise lente mais régulière après le ralentissement de 2024.

Division CA T1 2026 (Md€) Variation publiée Croissance organique
Mode & Maroquinerie 9,247 -9 % -2 %
Vins & Spiritueux 1,273 -2 % n.d.
Parfums & Cosmétiques 2,038 -6 % Stable
Montres & Joaillerie 2,443 -2 % +7 %
Distribution sélective 4,048 -3 % +4 %
Total 19,1 -6 % +1 %

Mode & Maroquinerie en recul organique sous pression géopolitique

La division phare du groupe, Mode & Maroquinerie, représente près de 47 % du chiffre d’affaires total avec 9,247 milliards d’euros. Elle enregistre un recul organique de 2 %, légèrement moins prononcé qu’au trimestre précédent (-3 %).

Le conflit au Moyen-Orient pèse directement sur cette division. LVMH estime que la crise régionale a réduit la croissance du groupe d’environ 1 point de croissance organique, via deux canaux principaux : la contraction des dépenses touristiques de la clientèle du Golfe en Europe (notamment en France et en Italie), et le ralentissement des achats dans les boutiques de la région.

La maroquinerie de grande diffusion — portée par Louis Vuitton et Christian Dior — tente de compenser le recul des grands voyageurs du Golfe par un renforcement des lancements produits ciblant la clientèle européenne et asiatique. Loewe et Céline, positionnés sur des créneaux plus exclusifs, maintiennent une dynamique plus solide, leur clientèle étant moins exposée au trafic aérien du Moyen-Orient.

Montres & Joaillerie : Tiffany en pointe

La division Montres & Joaillerie constitue la grande performance du trimestre avec une croissance organique de +7 %. Sur un chiffre d’affaires de 2,443 milliards d’euros (-2 % en publié), cette division affiche la meilleure dynamique du groupe.

Tiffany & Co. est le moteur principal de cette performance. La marque américaine, acquise par LVMH en 2021, poursuit son repositionnement vers un luxe plus accessible et expérientiel. Sa ligne HardWear est en très forte croissance selon le groupe, portée par une rénovation continue du réseau de boutiques et le renforcement des collections emblématiques. L’expansion en Asie du Pacifique contribue également à l’accélération des ventes de la division.

TAG Heuer et Bulgari, les deux autres piliers de la division, affichent des résultats plus mesurés, affectés par les incertitudes macro dans certains marchés clés. Mais la dynamique de Tiffany compense largement ces effets.

Distribution sélective : Sephora moteur de croissance

La Distribution sélective (4,048 milliards d’euros) progresse de +4 % en organique, portée presque exclusivement par Sephora. L’enseigne de cosmétiques multimarques du groupe enregistre une croissance solide dans toutes les régions, avec des gains de parts de marché continus et une expansion accélérée.

Sephora accélère notamment son développement au Royaume-Uni, marché sur lequel l’enseigne avait longtemps été absente avant d’y revenir en force ces deux dernières années. Le modèle omnicanal de Sephora — boutiques physiques et plateforme digitale — continue de séduire une clientèle jeune moins attachée aux codes traditionnels de la vente de luxe.

DFS, l’autre composante majeure de la division (chaîne de boutiques duty-free dans les aéroports), subit en revanche les effets du ralentissement du trafic aérien régional lié à la crise au Moyen-Orient.

Vins & Spiritueux et Parfums : stabilité contrastée

La division Vins & Spiritueux (1,273 milliard d’euros) se redresse légèrement avec un recul publié limité à 2 %. Moët Hennessy bénéficie d’une légère reprise de la demande de cognac en Asie, mais les volumes restent inférieurs aux niveaux d’avant-2024, notamment en Chine où la clientèle premium a réduit ses achats.

Les Parfums & Cosmétiques (2,038 milliards d’euros) sont stables en organique. Les lancements récents de Dior — notamment J’adore Intense et les nouvelles déclinaisons des eaux de parfum Dior Addict — soutiennent le haut de gamme de la division. Benefit, Givenchy Beauté et Make Up For Ever contribuent à maintenir la dynamique globale malgré les pressions concurrentielles dans le segment des cosmétiques accessibles.

L’Asie hors Japon en forte progression : un signal encourageant

Parmi les signaux positifs du trimestre, LVMH met en avant la performance de l’Asie hors Japon. Le groupe indique que cette zone « en forte progression, confirme l’amélioration des tendances amorcées au second semestre 2025 ». Après deux années de ralentissement en Chine, ce retour progressif à la croissance est un signal attendu par l’ensemble du secteur du luxe.

Pour les analystes de Bernstein, si la tendance est encourageante, « le repli organique des ventes dans la division Mode & Maroquinerie est susceptible de freiner l’enthousiasme des investisseurs ». La pression sur la principale division du groupe — qui représente près de la moitié du chiffre d’affaires — reste le principal point de vigilance pour la suite de l’exercice 2026.

Dans un secteur du luxe sous tension, les résultats de LVMH s’inscrivent dans une dynamique comparable à celle observée chez ses principaux concurrents. Le groupe avait publié ses résultats annuels 2025 qui posaient déjà les bases d’un redressement progressif. On peut également comparer avec les résultats de Kering, qui illustraient la fragilité du luxe européen face aux chocs géopolitiques et aux effets de change.

L’essentiel à retenir

LVMH publie un chiffre d’affaires T1 2026 de 19,1 milliards d’euros (-6 % en publié, +1 % en organique), troisième trimestre consécutif de croissance organique positive. La division Mode & Maroquinerie recule de 2 % en organique sous l’effet de la crise au Moyen-Orient. Montres & Joaillerie (+7 %, portée par Tiffany HardWear) et Distribution sélective (+4 %, portée par Sephora) tirent la performance. L’effet de change ampute les données publiées de 7 points. Le groupe confirme la forte progression de l’Asie hors Japon, signal encourageant pour 2026.

 

Questions fréquentes sur les résultats LVMH T1 2026

Quel est le chiffre d’affaires de LVMH au T1 2026 ?

LVMH a réalisé un chiffre d’affaires de 19,1 milliards d’euros au premier trimestre 2026, en recul de 6 % en données publiées mais en hausse de 1 % en données comparables (à taux de change constants).

Quelle division de LVMH a le mieux performé au T1 2026 ?

La division Montres & Joaillerie a affiché la meilleure croissance organique avec +7 %, portée principalement par Tiffany & Co. et sa ligne HardWear. La Distribution sélective (Sephora) a également bien performé avec +4 % en organique.

Pourquoi la division Mode & Maroquinerie de LVMH est-elle en recul ?

La division Mode & Maroquinerie affiche un recul organique de 2 %, principalement en raison de la crise au Moyen-Orient qui a réduit le trafic des clients du Golfe en Europe et contracté les ventes dans la région. LVMH estime que cet impact représente environ 1 point de croissance organique perdu.

L’effet de change impacte-t-il vraiment tant les résultats publiés de LVMH ?

Oui, de façon significative. L’effet de change négatif de 7 points explique l’intégralité du recul de 6 % en données publiées. LVMH réalise une large part de son chiffre d’affaires en dollars américains et en devises asiatiques, qui se sont dépréciées face à l’euro en début d’année 2026.

Quelles sont les perspectives de LVMH pour la suite de 2026 ?

LVMH se montre prudemment optimiste. Le groupe souligne la forte progression de l’Asie hors Japon et la confirmation des tendances positives amorcées au second semestre 2025. Toutefois, la persistance de la crise au Moyen-Orient et la volatilité des devises restent des facteurs de risque pour les prochains trimestres.