Mis a jour le 11 avril 2026 · Donnees Legifrance, service-public.fr 2025-2026
La réforme des retraites, promulguée le 14 avril 2023 (loi n° 2023-270), relève progressivement l’âge légal de départ de 62 à 64 ans et accélère le passage à 43 annuités de cotisation (172 trimestres). Le calendrier d’application a toutefois été partiellement suspendu en octobre 2025 par le Premier ministre Sébastien Lecornu, gelant le relèvement pour les générations 1965 à 1968 à compter du 1er septembre 2026. Le minimum contributif majoré atteint 893,65 € par mois en 2025.
Sommaire
- Chronologie de la réforme des retraites
- Nouvel âge légal de départ : de 62 à 64 ans
- Durée de cotisation : 43 annuités dès 2027
- Carrières longues : qui peut partir avant 64 ans ?
- Minimum contributif : la pension plancher revalorisée
- Régimes spéciaux : vers la fin des exceptions
- Autres mesures : surcote, retraite progressive, cumul emploi-retraite
- Suspension partielle en 2025 : ce qui change temporairement
- Impact financier et perspectives
- Questions fréquentes
Chronologie de la réforme des retraites
La réforme des retraites de 2023 est l’aboutissement d’un processus législatif engagé par le gouvernement d’Élisabeth Borne, puis validé — partiellement — par le Conseil constitutionnel. Voici les dates clés :
| Date | Événement |
|---|---|
| 10 janvier 2023 | Présentation du projet de loi par Élisabeth Borne |
| 16 mars 2023 | Recours au 49.3 à l’Assemblée nationale |
| 14 avril 2023 | Validation par le Conseil constitutionnel (index seniors censuré) |
| 15 avril 2023 | Publication au Journal officiel (loi n° 2023-270) |
| 4 juin 2023 | Publication des décrets d’application |
| 1er septembre 2023 | Entrée en vigueur progressive des nouvelles règles |
| 14 octobre 2025 | Annonce de la suspension partielle par le PM Sébastien Lecornu |
| 16 décembre 2025 | LFSS 2026 officialise la suspension (1er sept. 2026 — 1er janv. 2028) |
Nouvel âge légal de départ : de 62 à 64 ans
La mesure phare de la réforme est le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite, qui passe de 62 à 64 ans à raison de 3 mois supplémentaires par génération. Ce calendrier s’applique à compter du 1er septembre 2023.
Le tableau ci-dessous présente le calendrier tel que prévu par la loi de 2023, avant la suspension de 2025 :
| Année de naissance | Âge légal de départ | Trimestres requis |
|---|---|---|
| Avant septembre 1961 | 62 ans | 167 à 168 |
| Sept. — déc. 1961 | 62 ans et 3 mois | 169 |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1964 | 63 ans | 171 |
| 1965 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1968 et après | 64 ans | 172 |
L’âge du taux plein automatique (sans décote, quelle que soit la durée de cotisation) reste fixé à 67 ans pour toutes les générations.
Pour aller plus loin, consultez notre guide détaillé sur l’âge de départ à la retraite, qui traite notamment des cas de départ anticipé.
Durée de cotisation : 43 annuités dès 2027
La réforme accélère le calendrier prévu par la loi Touraine de 2014 : la durée de cotisation requise pour le taux plein atteint 43 annuités (soit 172 trimestres) dès 2027, pour la génération née en 1965 — au lieu de 2035 dans le calendrier initial.
Concrètement, la montée en charge se fait au rythme de +1 trimestre par an :
- Né en 1961 : 169 trimestres (42 ans et 3 mois)
- Né en 1962 : 169 trimestres (42 ans et 3 mois)
- Né en 1963 : 170 trimestres (42 ans et 6 mois)
- Né en 1964 : 171 trimestres (42 ans et 9 mois)
- Né en 1965 et après : 172 trimestres (43 ans)
Les trimestres validés comprennent non seulement les périodes cotisées, mais aussi les périodes assimilées : chômage indemnisé, maladie, maternité, service militaire. Pour tout savoir sur la validation et le rachat de trimestres, consultez notre page dédiée aux trimestres de retraite.
Carrières longues : qui peut partir avant 64 ans ?
Le dispositif de départ anticipé pour carrière longue a été réaménagé par la réforme pour éviter que les salariés ayant commencé à travailler très jeunes ne soient contraints à plus de 44 ans de cotisation. Quatre bornes d’entrée dans la vie active sont définies :
| Début d’activité | Âge de départ anticipé |
|---|---|
| Avant 16 ans | 58 ans |
| Entre 16 et 18 ans | 60 ans |
| Entre 18 et 20 ans | 62 ans |
| Entre 20 et 21 ans | 63 ans |
Le dispositif tient désormais compte d’un an de congé parental dans le calcul de la durée cotisée. Des dispositions spécifiques existent également pour les personnes en situation de handicap (départ possible dès 55 ans), les victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles (2 ans avant l’âge légal), et les assurés reconnus inaptes (62 ans).
Minimum contributif : la pension plancher revalorisée
La réforme a revalorisé le minimum contributif (MICO) — la pension plancher garantie aux assurés ayant une carrière complète mais de faibles revenus. L’objectif affiché : qu’aucune pension complète ne soit inférieure à 85 % du SMIC net.
En 2025, les montants mensuels du minimum contributif sont :
- MICO de base : 747,69 € brut par mois
- MICO majoré (au moins 120 trimestres cotisés) : 893,65 € brut par mois
Le MICO majoré s’applique à condition que l’ensemble des pensions (base + complémentaire) ne dépasse pas 1 394,86 € brut par mois. Au-delà de ce plafond, le minimum contributif est réduit.
Ces montants sont revalorisés chaque année en fonction de l’inflation. Pour suivre l’évolution des montants, consultez notre page sur la revalorisation des pensions de retraite.
Régimes spéciaux : vers la fin des exceptions
La réforme prévoit la fermeture progressive de cinq régimes spéciaux aux nouveaux entrants. Les salariés embauchés après le 1er septembre 2023 dans ces secteurs sont affiliés au régime général. Les régimes concernés :
- RATP (Régie autonome des transports parisiens)
- Industries électriques et gazières (IEG — EDF, Engie)
- Banque de France
- Clercs et employés de notaires (CRPCEN)
- Membres du CESE (Conseil économique, social et environnemental)
Les agents déjà en poste conservent les règles de leur régime, avec un alignement progressif de l’âge de départ et de la durée de cotisation sur le régime général. La convergence complète est prévue d’ici 2030.
Le régime des fonctionnaires, le régime de la SNCF (réformé en 2020) et le régime des marins ne sont pas concernés par cette mesure.
Autres mesures : surcote, retraite progressive, cumul emploi-retraite
Surcote parentale
Nouvelle disposition de la réforme : les assurés ayant atteint la durée d’assurance requise pour le taux plein et disposant d’au moins un trimestre de majoration pour enfant bénéficient d’une surcote de 5 % sur leur pension de base à partir de 63 ans. Cette mesure vise principalement les mères de famille ayant une carrière complète malgré les interruptions liées à l’éducation des enfants.
Retraite progressive
La retraite progressive est désormais accessible 2 ans avant l’âge légal (au lieu de 60 ans auparavant), sous condition d’avoir validé au moins 150 trimestres. Elle permet de cumuler un emploi à temps partiel (entre 40 % et 80 %) avec une fraction de sa pension. Pour estimer votre pension dans ce cadre, consultez notre guide sur la simulation de retraite.
Cumul emploi-retraite créateur de droits
Autre avancée notable : les cotisations versées dans le cadre d’un cumul emploi-retraite (activité professionnelle après liquidation de la pension) génèrent désormais de nouveaux droits à retraite. Auparavant, ces cotisations étaient à fonds perdus.
Compte professionnel de prévention (C2P)
Le C2P est maintenu et renforcé. Les salariés exposés à des facteurs de pénibilité (travail de nuit, bruit, températures extrêmes, travail en équipes successives alternantes, travail répétitif, milieu hyperbare) cumulent des points convertibles en formation, temps partiel sans perte de salaire, ou trimestres de retraite. Le plafond de points est relevé.
Suspension partielle en 2025 : ce qui change temporairement
Le 14 octobre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une suspension partielle du calendrier de relèvement de l’âge légal. Cette décision, officialisée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (16 décembre 2025), gèle le relèvement de l’âge pour les générations 1965 à 1968 à compter du 1er septembre 2026, et ce jusqu’au 1er janvier 2028.
Conséquence concrète : l’âge légal de 64 ans, initialement prévu pour la génération 1968, ne s’appliquerait qu’à partir de la génération 1969. Les générations intermédiaires bénéficient d’un décalage :
| Génération | Âge légal (loi 2023) | Âge légal (avec suspension) |
|---|---|---|
| 1964 | 63 ans | 62 ans et 9 mois |
| 1965 | 63 ans et 3 mois | 62 ans et 9 mois — 63 ans |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | 63 ans et 3 mois |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | 63 ans et 6 mois — 63 ans et 9 mois |
| 1969 et après | 64 ans | 64 ans |
Cette suspension est temporaire : le gouvernement prévoit de reprendre le calendrier initial en 2028, sauf nouvelle décision politique. La mesure vise à apaiser le contexte social tout en maintenant l’objectif de long terme.
Impact financier et perspectives
L’objectif principal de la réforme est de garantir l’équilibre financier du système de retraites par répartition. Selon les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR), le relèvement de l’âge légal et l’allongement de la durée de cotisation devaient générer des économies estimées entre 10 et 15 milliards d’euros par an à horizon 2030.
La suspension partielle de 2025 retarde mécaniquement une partie de ces économies. Le déficit du système de retraites, évalué à environ 10 milliards d’euros en 2025, reste un sujet de préoccupation majeur pour les finances publiques.
Les pensions de retraite de base ont été revalorisées de +1,97 % au 1er janvier 2025, un taux indexé sur l’inflation. Pour connaître les prochaines revalorisations, consultez notre page sur la revalorisation des pensions de retraite.
La retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui concerne l’ensemble des salariés du secteur privé, suit son propre calendrier de revalorisation. Notre guide sur l’Agirc-Arrco détaille le fonctionnement du système de points et les dernières évolutions.
Questions fréquentes sur la réforme des retraites
Quel est l’âge légal de départ à la retraite en 2026 ?
Combien de trimestres faut-il pour partir à taux plein ?
Peut-on encore partir à 60 ans avec une carrière longue ?
Quel est le montant minimum de la pension de retraite ?
La réforme des retraites a-t-elle été suspendue ?
Sources
Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (Légifrance) · Service-public.fr, « Âge légal de départ à la retraite » · Travail-emploi.gouv.fr, « Réforme des retraites » · Cnav, circulaire MICO 2025 · COR, rapport annuel 2024 · LFSS 2026, art. relatif à la suspension temporaire.