Barclays supprime 5 000 emplois et mise sur l’IA pour réduire ses coûts

Barclays va supprimer environ 5 000 emplois d'ici fin 2026 et s'appuie sur l'IA pour alléger ses coûts. Dans le même temps, son bénéfice du troisième trimestre progresse de 13 %.

Tours de verre d'un quartier financier et bureaux vides d'une banque

Barclays supprime 5 000 emplois : l’IA au cœur du plan d’efficacité

Jeudi 22 octobre 2026, Barclays a annoncé qu’elle allait supprimer environ 5 000 emplois d’ici la fin de l’année, soit 5 % de ses effectifs mondiaux. Environ 1 000 postes ont déjà disparu au premier semestre. La banque britannique parle d’« une simplification de l’organisation et de gains d’efficacité liés aux évolutions technologiques, portés par l’IA ».

Le plan doit permettre de dégager plus de 1,1 milliard de livres (1,31 milliard d’euros) d’économies, selon les chiffres de la banque rapportés par Euronews. L’annonce accompagne la publication des résultats trimestriels, et le titre a légèrement reculé à Londres.

Des résultats du troisième trimestre en hausse

Le bénéfice attribuable aux actionnaires atteint 1,65 milliard de livres (1,97 milliard d’euros) sur juillet-septembre, contre 1,46 milliard un an plus tôt, soit une hausse de 13 %. Le revenu total du groupe progresse de 3 %, à 7,37 milliards de livres (8,79 milliards d’euros). Le directeur général, C. S. Venkatakrishnan, s’est dit satisfait de la dynamique opérationnelle et financière, soulignant la solidité de la banque d’investissement dans les activités actions.

La banque annonce aussi un rachat d’actions de 500 millions de livres (596 millions d’euros). Cela n’a pas totalement dissipé la déception des investisseurs, selon Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell, pour qui les performances du trimestre n’ont pas été à la hauteur des attentes.

Les banques investissent massivement dans la technologie depuis des années, mais nous atteignons de plus en plus le point où ces investissements se traduisent par un besoin moindre de personnel pour faire tourner l’activité.

— Will Howlett, analyste financier, Quilter Cheviot

Ce que révèle ce plan sur la banque à l’ère de l’IA

Pour Will Howlett, analyste chez Quilter Cheviot, l’annonce illustre « à quel point l’IA et l’automatisation pourraient transformer en profondeur le secteur bancaire au cours des prochaines années ». La question, ajoute-t-il, est de savoir si Barclays parvient à transformer ses investissements technologiques et une main-d’œuvre réduite en une baisse durable de ses coûts, sans compromettre sa croissance. Si la banque y parvient, il estime qu’il reste une marge considérable pour améliorer les retours.

Deux incertitudes qui pèsent sur la banque

Russ Mould identifie deux risques. Le premier est une hausse largement anticipée de la fiscalité du secteur bancaire dans le budget britannique de la semaine suivante. Le second est une enquête signalée sur une possible mauvaise représentation des risques de son portefeuille de crédit privé. Barclays affirme que son exposition au crédit privé est traitée conformément aux exigences comptables et réglementaires en matière de capital. Nous n’avons pas pu vérifier de façon indépendante l’existence de cette enquête.

Indicateur (T3 2026) Valeur
Suppressions de postes environ 5 000 (5 % des effectifs)
Économies attendues plus de 1,1 Md£
Bénéfice attribuable 1,65 Md£ (+13 %)
Revenu total 7,37 Md£ (+3 %)
Rachat d’actions 500 M£
L’essentiel à retenir

Barclays supprime environ 5 000 emplois d’ici fin 2026 en misant sur l’IA, pour plus de 1,1 milliard de livres d’économies attendues. Le bénéfice du troisième trimestre progresse de 13 %, à 1,65 milliard de livres. Les investisseurs surveilleront la fiscalité bancaire du budget britannique et la capacité du groupe à réduire durablement ses coûts.