La Banque d’Angleterre maintient son taux directeur à 3,75 %
Sans surprise pour les marchés, la Banque d’Angleterre (BoE) a laissé son taux directeur inchangé à 3,75 % le 18 juin 2026. C’est le quatrième maintien consécutif depuis la baisse opérée en décembre 2025 : l’institution monétaire britannique prolonge ainsi une longue pause, refusant à la fois de durcir et d’assouplir le coût du crédit.
Le contexte explique cette prudence. L’inflation reste collante : les prix à la consommation ont progressé de 2,8 % sur un an en mai, un niveau stable par rapport à avril mais toujours nettement supérieur à la cible officielle de 2 %. Tant que l’indice ne converge pas vers cet objectif, la BoE estime ne pas avoir de marge pour rouvrir le cycle de baisses.
Un comité divisé, deux voix pour une hausse
Le maintien n’a toutefois pas fait l’unanimité au sein du Comité de politique monétaire (MPC). Le vote s’est soldé par sept voix contre deux en faveur du statu quo. Fait notable : les deux dissidents — dont la membre externe Megan Greene — ne réclamaient pas une baisse mais bien une hausse de 0,25 point, à 4 %, jugeant les risques inflationnistes encore trop vifs.
Cette fracture illustre le dilemme de la banque centrale : agir trop vite pour ramener l’inflation à 2 % risquerait de casser une activité déjà molle, tandis qu’attendre trop longtemps laisserait les tensions sur les prix s’installer. Le gouverneur Andrew Bailey a reconnu que le repli récent des cours du pétrole était encourageant, tout en rappelant qu’ils demeurent supérieurs à leurs niveaux d’avant-guerre, et qu’il réagirait promptement à tout signe d’effets de second tour sur l’inflation.
Quatre réunions sans bouger : la Banque d’Angleterre attend que le choc énergétique iranien se dissipe avant d’oser baisser.
La guerre en Iran fige la politique monétaire
Le principal facteur de blocage est exogène : le conflit au Moyen-Orient. La guerre en Iran a provoqué une flambée des prix de l’énergie qui, malgré une accalmie récente, continue d’alimenter l’inflation britannique et de saper la confiance des ménages. La BoE redoute surtout que cette poussée des coûts ne se diffuse durablement dans l’économie via les salaires et les marges des entreprises.
Cette paralysie britannique contraste avec les autres grandes banques centrales. Au même moment, la Banque centrale européenne a relevé ses taux pour la première fois depuis 2023, tandis que la Banque du Japon a porté son loyer de l’argent à 1 %. Trois institutions, trois trajectoires : la divergence des politiques monétaires devient le marqueur de cette année 2026.
Quand la première baisse de taux interviendra-t-elle ?
La question centrale pour les ménages et les entreprises britanniques reste celle du calendrier. Sur ce point, les économistes se montrent désormais pessimistes. La BoE elle-même anticipe une inflation maintenue légèrement sous les 3 % pendant une bonne partie de 2026, ce qui repousse mécaniquement toute détente.
Plusieurs maisons d’analyse table sur un statu quo prolongé : Oxford Economics comme la Deutsche Bank estiment que le taux directeur restera figé à 3,75 % tout au long de 2026, la première baisse n’intervenant pas avant 2027. Pour les emprunteurs immobiliers britanniques, la perspective d’un crédit moins cher s’éloigne donc encore.
Politiques monétaires comparées en juin 2026
| Banque centrale | Taux directeur | Décision de juin 2026 |
|---|---|---|
| Banque d’Angleterre (BoE) | 3,75 % | Maintien (4ᵉ consécutif) |
| Banque centrale européenne (BCE) | En hausse | Première hausse depuis 2023 |
| Banque du Japon (BoJ) | 1 % | Hausse, au plus haut depuis 1995 |
La Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 3,75 % le 18 juin 2026, pour la quatrième fois consécutive. Le comité a voté 7 contre 2, les dissidents réclamant même une hausse. En cause : une inflation bloquée à 2,8 % et le choc énergétique de la guerre en Iran. Selon Oxford Economics et Deutsche Bank, la première baisse n’est pas attendue avant 2027.
Questions fréquentes
À combien est fixé le taux directeur de la Banque d’Angleterre ?
Le taux directeur (Bank Rate) est maintenu à 3,75 % depuis la décision du 18 juin 2026, niveau inchangé pour la quatrième réunion consécutive depuis la baisse de décembre 2025.
Pourquoi la Banque d’Angleterre ne baisse-t-elle pas ses taux ?
L’inflation britannique reste à 2,8 %, au-dessus de la cible de 2 %. La guerre en Iran a fait grimper les prix de l’énergie, et la banque centrale craint que ces tensions ne se diffusent durablement dans l’économie avant de pouvoir assouplir sa politique.
Comment le comité a-t-il voté ?
Le Comité de politique monétaire a voté par sept voix contre deux en faveur du maintien. Les deux dissidents, dont la membre externe Megan Greene, plaidaient pour une hausse de 0,25 point à 4 %.
Quand la première baisse de taux est-elle attendue ?
Des économistes d’Oxford Economics et de Deutsche Bank estiment que le taux restera à 3,75 % tout au long de 2026, la première baisse n’intervenant probablement pas avant 2027.






