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Une offre de 30,6 milliards d’euros sur Monte dei Paschi
La première banque italienne passe à l’offensive. Le 8 juin 2026, Intesa Sanpaolo a lancé une offre publique d’échange et d’achat visant la totalité des actions de Banca Monte dei Paschi di Siena (MPS), la plus ancienne banque du monde encore en activité, fondée en 1472. L’opération est valorisée à 30,6 milliards d’euros, un montant qui en fait l’une des plus grandes consolidations bancaires européennes de la décennie.
Pour Intesa, déjà numéro un transalpin, l’enjeu n’est pas de gagner en taille sur son marché domestique — où sa position est dominante — mais de verrouiller le mouvement de concentration qui s’accélère dans le secteur bancaire du continent. L’opération reprend à Intesa une cible que plusieurs prétendants convoitaient depuis la sortie progressive de l’État italien du capital de MPS, longtemps détenu majoritairement par le Trésor après le sauvetage de 2017.
Un échange d’actions complété par une soulte en numéraire
Les termes de l’offre combinent titres et liquidités. Intesa propose 1,6 action nouvelle pour chaque action MPS apportée, assortie d’un versement de 1 euro en numéraire par action. Sur cette base, chaque titre Monte dei Paschi est valorisé à environ 10,09 euros, soit une prime de 12,5 % par rapport au cours de clôture du 5 juin 2026, et de l’ordre de 17 % sur la moyenne pondérée des trois derniers mois.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Valeur totale de l’offre | 30,6 milliards d’euros |
| Parité d’échange | 1,6 action Intesa + 1 € par action MPS |
| Valorisation par action MPS | ≈ 10,09 € |
| Prime (clôture du 5 juin 2026) | +12,5 % |
| Finalisation visée | décembre 2026 |
Selon le quotidien financier Il Sole 24 Ore, Intesa table sur des synergies de l’ordre de 2,9 milliards d’euros avant impôts par an à pleine cadence, attendues à l’horizon 2029, dont une part substantielle au titre des coûts administratifs et de personnel. La banque dirigée par Carlo Messina, son administrateur délégué depuis 2013, met en avant l’absence de risque d’intégration, MPS opérant sur le même cœur de marché qu’Intesa.
Racheter la plus vieille banque du monde n’est plus un sauvetage d’État : c’est devenu l’arme d’une stratégie de puissance à l’échelle européenne.
Intesa Sanpaolo vise la deuxième place bancaire en Europe
Si l’opération aboutit, Intesa Sanpaolo deviendrait le deuxième groupe bancaire européen par la capitalisation boursière, derrière le seul espagnol Santander. C’est l’argument central avancé par l’état-major milanais : la consolidation domestique italienne est le tremplin d’une ambition continentale, à l’heure où les grandes banques de la zone euro cherchent la taille critique pour rivaliser avec les géants américains.
Le calendrier illustre l’accélération du mouvement. En l’espace de quelques semaines, le secteur a vu se multiplier les rapprochements transfrontaliers, à l’image du rachat de Novobanco par le français BPCE pour 6,7 milliards d’euros. La bataille pour MPS s’inscrit dans cette recomposition profonde du paysage bancaire de la zone euro, que la Banque centrale européenne appelle de ses vœux depuis des années.
Banco BPM, l’offre rivale prise de vitesse
L’offensive d’Intesa intervient à un moment particulièrement sensible. La veille, Banco BPM — dont le Crédit Agricole détient environ 20 % du capital — avait soumis à Monte dei Paschi un projet de « fusion entre égaux » présenté comme amical, dans l’espoir de contester le duopole formé par Intesa et UniCredit sur le marché italien.
En dégainant son offre dès le lendemain, Intesa a court-circuité cette manœuvre. L’opération active en effet la règle de passivité qui s’impose à la cible pendant la durée de l’offre : MPS ne peut plus, sans l’accord de ses actionnaires, engager d’opérations susceptibles de faire échouer l’offre en cours. Banco BPM se retrouve ainsi tenu à distance, du moins tant que la procédure suit son cours.
635 agences cédées pour désamorcer les questions de concurrence
Pour anticiper les objections des autorités de concurrence, Intesa a verrouillé un montage avec l’assureur Unipol. Environ 635 agences de Monte dei Paschi — représentant de l’ordre de 55 milliards d’euros de dépôts et près de 2 millions de clients — seraient cédées et regroupées dans une entité bancaire autonome, afin d’éviter une concentration excessive sur certains territoires italiens.
Ce désengagement ciblé est la condition quasi obligée d’un feu vert réglementaire : la part de marché cumulée d’Intesa et de MPS dépasserait sinon les seuils admis dans plusieurs régions. La finalisation, visée pour décembre 2026, reste suspendue à l’aval des superviseurs — Banque centrale européenne en tête — et au vote des actionnaires d’Intesa, attendu à la rentrée. Le rapprochement, s’il se concrétise, refermerait l’un des dossiers les plus emblématiques du secteur : celui de la banque siennoise, rescapée de la crise, devenue pièce maîtresse de la consolidation européenne.
Intesa Sanpaolo a lancé le 8 juin 2026 une offre de 30,6 milliards d’euros sur Monte dei Paschi, sur la base de 1,6 action Intesa plus 1 euro par titre MPS (prime de 12,5 %). En cas de succès, Intesa deviendrait la deuxième banque européenne par la capitalisation. L’offre coiffe la proposition rivale de Banco BPM et prévoit la cession d’environ 635 agences à Unipol. Échéance clé : une finalisation visée pour décembre 2026, sous réserve de l’aval des régulateurs.
Questions fréquentes
Combien vaut l’offre d’Intesa Sanpaolo sur Monte dei Paschi ?
L’offre publique d’échange et d’achat lancée le 8 juin 2026 valorise l’ensemble de Banca Monte dei Paschi di Siena à 30,6 milliards d’euros, sur la base de 1,6 action Intesa nouvelle et 1 euro en numéraire par action MPS, soit environ 10,09 euros par titre.
Pourquoi cette opération est-elle stratégique pour Intesa ?
En absorbant Monte dei Paschi, Intesa Sanpaolo deviendrait le deuxième groupe bancaire européen par la capitalisation boursière. L’opération vise à atteindre une taille critique face aux grandes banques américaines et s’inscrit dans la consolidation du secteur bancaire de la zone euro encouragée par la BCE.
Quel est le rôle de Banco BPM dans ce dossier ?
La veille de l’offre d’Intesa, Banco BPM — dont le Crédit Agricole détient environ 20 % — avait proposé à MPS une fusion amicale entre égaux. L’offre d’Intesa, en activant la règle de passivité, neutralise temporairement cette proposition concurrente.
Quand l’opération doit-elle être finalisée ?
Intesa vise une finalisation d’ici décembre 2026, sous réserve de l’approbation des autorités de concurrence et de supervision, au premier rang desquelles la Banque centrale européenne, ainsi que du vote de ses actionnaires.






