Qu’est-ce que l’Entry/Exit System ?
L’Entry/Exit System, désigné par son acronyme EES, est un système numérique mis en place par l’Union européenne pour enregistrer les entrées et sorties des ressortissants de pays tiers dans l’espace Schengen. Il remplace le traditionnel tampon dans le passeport par un enregistrement automatisé des données biométriques : empreintes digitales de quatre doigts et photo du visage, associées aux informations du document de voyage.
Vingt-neuf pays participent au dispositif : les États membres de l’UE (à l’exception de Chypre et de l’Irlande), ainsi que l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein. Cela couvre les destinations les plus fréquentées par les touristes européens et internationaux — France, Espagne, Portugal, Italie et Grèce en tête.
L’enregistrement n’est effectué qu’une seule fois : les données restent valides trois ans, et sont simplement vérifiées à chaque passage ultérieur. Les enfants de moins de 12 ans sont exemptés de la collecte des empreintes digitales.
Un déploiement progressif depuis octobre 2025
L’introduction de l’EES a débuté le 12 octobre 2025, de façon graduelle et volontaire, pour éviter un démarrage en « big bang ». L’objectif était d’atteindre une couverture complète de tous les points de passage aux frontières Schengen avant le 10 avril 2026, date fixée comme échéance officielle.
Ce délai étalé n’a cependant pas suffi à éviter tous les dysfonctionnements. Plusieurs aéroports ont signalé des retards significatifs dès les premières semaines d’activation : des voyageurs ont attendu jusqu’à cinq heures à l’aéroport de Pise, en Italie. Des perturbations ont également été signalées à Genève en début d’année. Des problèmes informatiques sur certains équipements ont contribué à allonger les délais de traitement.
Au 10 avril 2026, tous les aéroports n’ont pas encore activé pleinement le système : Milan et Lisbonne, notamment, n’ont pas basculé à la date limite. La Commission européenne a par ailleurs autorisé les États membres à suspendre temporairement les contrôles EES pendant les périodes de pointe, jusqu’en septembre 2026, afin d’éviter des congestions aux débuts de la saison estivale.
Comment se déroule le contrôle pour les voyageurs ?
La procédure varie selon le point de passage :
- Aéroports : les passagers effectuent leur enregistrement biométrique à l’arrivée dans l’espace Schengen, devant des bornes dédiées.
- Eurostar (St Pancras, Londres) : 49 bornes EES ont été installées. L’enregistrement sera effectué avant l’embarquement, côté anglais.
- Eurotunnel : plus d’une centaine de bornes ont été déployées de chaque côté du tunnel sous la Manche. Les conducteurs de voitures se dirigent vers une borne portant leur numéro d’immatriculation ; les passagers d’autocar passent devant un agent.
- Port de Douvres : une nouvelle zone de traitement, construite sur des terres gagnées sur la mer, permet d’absorber le flux. Les cars sont scellés après le passage des contrôles.
Une application mobile, « Travel to Europe », permet aux voyageurs de pré-enregistrer une partie de leurs données avant d’atteindre la frontière, réduisant ainsi le temps passé aux bornes.
Impact sur le secteur aérien et touristique européen
Les compagnies aériennes et les opérateurs d’aéroports ont dû investir massivement pour absorber ce nouveau flux de contrôle. L’Airports Council International (ACI) Europe a exprimé des préoccupations croissantes concernant la disponibilité du carburéacteur dans les aéroports, dans un contexte où les files d’attente rallongées pourraient affecter la ponctualité et les coûts d’exploitation.
Les retards aux frontières représentent un risque réel pour la compétitivité des destinations européennes. Les professionnels du tourisme s’interrogent sur l’effet dissuasif que des temps d’attente prolongés pourraient avoir sur les visiteurs venant de pays tiers — notamment des États-Unis, d’Asie, et du Moyen-Orient — habitués à des formalités d’entrée rapides.
| Indicateur | Situation actuelle |
|—|—|
| Date d’entrée en vigueur | 10 avril 2026 |
| Pays couverts | 29 (espace Schengen) |
| Données collectées | Empreintes (4 doigts) + photo |
| Durée de validité enregistrement | 3 ans |
| Prochaine étape (ETIAS) | Fin 2026 (autorisation en ligne, 20 €) |
Vers l’ETIAS : la prochaine étape du dispositif européen
L’EES n’est que la première brique d’un système de contrôle aux frontières plus large. Il sera complété par l’ETIAS (European Travel Information and Authorisation System), un dispositif d’autorisation préalable en ligne similaire à l’ESTA américain, attendu pour fin 2026. Les ressortissants de pays exemptés de visa — dont les citoyens britanniques — devront s’acquitter d’une demande en ligne de 20 euros, valable trois ans.
L’objectif à terme est de fluidifier les contrôles pour les voyageurs enregistrés, tout en renforçant la détection des dépassements de durée de séjour autorisée et des refus d’entrée antérieurs. Pour le secteur touristique européen, le chantier est double : absorber le choc logistique immédiat et anticiper les bénéfices d’un système plus sécurisé et automatisé.
Sommaire
L’Entry/Exit System (EES) est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026 dans les 29 pays de l’espace Schengen. Ce dispositif numérique impose désormais l’enregistrement biométrique (empreintes digitales et photo) des ressortissants de pays tiers à chaque passage de frontière. Si le système promet une meilleure sécurité à terme, les premières semaines d’application génèrent des files d’attente pouvant atteindre cinq heures dans certains aéroports. Le secteur aérien et touristique européen s’organise pour absorber ce choc logistique avant la saison estivale.
FAQ — Entry/Exit System (EES) Europe
Qu’est-ce que l’EES (Entry/Exit System) ?
L’Entry/Exit System est un système numérique de l’Union européenne qui enregistre les données biométriques (empreintes digitales et photo) des ressortissants de pays tiers lors de leurs passages aux frontières de l’espace Schengen. Il remplace les tampons manuels dans les passeports.
L’EES concerne-t-il tous les voyageurs entrant en Europe ?
Non. L’EES s’applique uniquement aux ressortissants de pays tiers (non-membres de l’UE ou de l’espace Schengen) voyageant pour des séjours courts (jusqu’à 90 jours sur 180). Les citoyens européens et résidents Schengen ne sont pas concernés.
À partir de quand l’EES est-il obligatoire ?
Le système est opérationnel depuis le 10 avril 2026 dans les 29 pays participants. Il a commencé à être déployé progressivement à partir du 12 octobre 2025. Certains points de passage (comme Milan et Lisbonne) n’avaient pas encore basculé à la date limite.
L’EES va-t-il ralentir les aéroports européens ?
Dans un premier temps, oui. Des files d’attente de plusieurs heures ont été signalées dans certains aéroports. La Commission européenne a autorisé les États membres à suspendre temporairement les contrôles pendant les pics de trafic jusqu’en septembre 2026. À terme, le dispositif doit accélérer les contrôles grâce à la biométrie.
Qu’est-ce que l’ETIAS, qui suit l’EES ?
L’ETIAS (European Travel Information and Authorisation System) est une autorisation de voyage en ligne, similaire à l’ESTA américain, attendue pour fin 2026. Les ressortissants de pays exemptés de visa devront payer 20 € pour obtenir une autorisation valable 3 ans avant d’entrer dans l’espace Schengen.



